Coup d’œil dans le rétroviseur. La Cité de la Musique s’offre un retour sur la culture visuelle punk apparue en Europe, entre 1976 et 1980. L’exposition temporaire « Europunk » a lieu du 15 octobre 2013 au 19 janvier 2014.

Exposition Europunk -  © Camille L'hermite

Exposition Europunk – © Camille L’hermite

En cette fin d’année 2013, la programmation du musée de la Cité a le vent en poupe. Électrisant l’espace culturel, Eric De Chassey, directeur de l’Académie de France à Rome – Villa Médicis, historien de l’Art et commissaire de l’exposition « Europunk », s’est prêté sans controverse à l’idée d’investir la culture punk au sein d’un musée contemporain.

Aux murs, l’imbrication des pochettes de 45 et 35 tours des Sex Pistols, Iggy Pop and The Stooges, Talking Heads, Lou Reed et bien d’autres ; les tracts et fanzines « fait-maison » du groupe d’artistes Bazooka, et en vitrine quelques pièces vestimentaires signées Elisabeth de Senneville. 500 œuvres au total et autant d’expérimentations artistiques conceptualisées – mais pas trop – qui attestent d’une recherche identitaire, portée par une esthétique visuelle forte.


Des photographies en pagaille, notamment celles du collectif de photographes BJEP (Belle journée en perspective). Ils restituent à la fois les moments forts du punk et les mouvements sociaux et culturels de l’époque, rappelant au passage combien les mutations sociétales étaient alors essentielles.

De ce fait, l’installation d’une « timeline rétrospective » relate avec brio les dates clés de l’actualité internationale, des années 70 à 80, tout en projetant « la petite actualité » de la révolution musicale punk. Des outils modernes, telles que les bornes interactives « Juke Box Punk » ainsi que des installations multimédias permettent à tous de saisir ou revivre l’euphorique et bringuebalant concept de « l’esprit punk ».

Le plus de l’exposition

Orchestré par un musicien professionnel, le studio d’improvisation « libre d’accès » en amusera plus d’un. Le concept : batterie, basses, guitares électriques, synthétiseur mis à disposition de tous, permettent en quelques minutes et quatre accords, de jouer à plusieurs un air de punk. L’ambiance vaut le détour.

Aussi, sans que vous n’échappiez aux grands classiques du mouvement, l’ambivalence voire les paradoxes de l’univers punk se dévoilent, et un travail conséquent sur la transparence de l’information permet de mieux saisir les enjeux de cette contre-culture.

Camille L’hermite