Jenji Kohan n’a pu que se frotter les mains en constatant l’impatience de ses fidèles téléspectateurs : la saison 3 d’Orange is the New Black, dit « OITNB », était tout aussi attendue que les vacances d’été. Après le franc succès des deux premières saisons, les habitantes de Litchfield ont fait leur grand retour sur Netflix le 12 juin dernier.

 

Auteurs: Netflix company, Jenji Kohan (Producer), Jordan Jacobs (Art Director)

Image : Netflix company, Jenji Kohan (Producer), Jordan Jacobs (Art Director) / Licence CC

Si les chiffres placent House of Cards en tête du podium, OITN reste le bijou du site américain. La cérémonie des Critic’s Choice Television Awards l’ont ainsi dignement récompensée avec trois prix desservi (Meilleure série comique, Meilleure actrice dans un second rôle dans une série télévisée comique pour Kate Mulgrew (Red), Meilleure invitée dans une série comique pour Uzo Aduba alias Crazy Eyes), faisant d’OITNB la série la plus récompensée de la soirée.

Crazy Eyes, Nicki, Poussey et le reste des femmes du centre pénitencier font leur grand retour à l’écran au côté du nouveau personnage Stella, interprétée par le mannequin australien Ruby Rose. Avant la sortie de la saison 3, la productrice et actrice Mary Steenburgen avait annoncé sur son compte Twitter qu’elle rejoignait la série sans pour autant préciser son rôle. Dans cette troisième saison, la thématique est assez centrée sur la foi. Selon les propos recueillies de la productrice, Jenji Kohan, par le magazine Variety : « Cette nouvelle saison sera plus légère que la dernière. Cela sera une saison sur la foi, une saison sur la maternité. Chacune verra son histoire personnelle progresser. Nous allons aller plus profondément dans nos personnages et nous rencontrerons de nouvelles personnes ».

 

Les prisonnières de France en chiffres

Si le monde imaginaire des prisonnières Litchfield attire la curiosité des téléspectateurs, les informations sur les véritables détenues en France ne sont que très peu médiatisées. La raison est-telle que les femmes restent tout de même une minorité face aux hommes? Pour autant, selon les chiffres communiqués par le Ministère de la Justice du mois de mai 2015, 2 758 femmes sont écrouées, métropole et Outre-mer confondues. Plus précisément, 741 sont considérées comme étant « prévenues » et 2 017 comme condamnées. Des chiffres légèrement en baisse comparés au mois d’avril dernier (2 771 femmes écroués) mais d’autant plus faibles lorsqu’ils sont mis en parallèle avec le mois de mai de l’année précédente, qui comptait 2 851 femmes écrouées.

 

Des conditions de vie identiques à celles des hommes

Cette population minoritaire placée sous les mains de la justice bénéficie des mêmes droits et devoirs que les hommes. Elles sont bien évidemment détenues dans des établissements ou des quartiers distincts de ceux des hommes, en fonction du régime de détention déterminé par leur catégorie pénale : prévenues, condamnées, placées sous contrainte judiciaire… Ainsi, les règles de vie dépendent donc elles aussi de la catégorie pénale.

Deux règles spécifiques attribuées aux femmes détenues sont notables : elles sont surveillées par des personnels féminins et peuvent garder auprès d’elles en détention leur enfant âgé de moins de 18 mois. Le maintien d’un enfant de moins de 18 mois auprès de sa mère détenue est décidé par une seule et unique personne : la mère elle-même. L’enfant, lui, n’étant pas considéré comme un détenu, doit pouvoir profiter des conditions de vie similaires qu’il disposerait à l’extérieur. La mère restant l’autorité parentale, les sorties, visites ou hospitalisations ne peuvent être pris sans son accord. OITNB fait sans aucun doute référence à cette complexité de la maternité pour les détenues avec le personnage de Dayanara Diaz, alias « Daya », qui tombe enceinte… d’un des surveillants masculins de la prison.

Dascha Polanco alias "Daya" lors des  Peabody Awards. (Image : Peabody Awards / Licence CC)

Dascha Polanco alias “Daya” lors des Peabody Awards. (Image : Peabody Awards / Licence CC)

Les détenues et la sexualité

Les femmes détenues ont un rapport à la sexualité différent de ceux des hommes. « Il est fort intéressant de constater qu’un certain nombre de dames incarcérées se tournent vers une sexualité différente de leur sexualité pré-incarcération. L’homosexualité est en effet relativement présente dans les prisons pour femmes. Cependant ces femmes, qui se sont orientées vers l’homosexualité lors de leur incarcération, reviennent souvent vers une hétérosexualité lors de leur sortie de prison », nous explique Nadège Carpentier, coordinatrice de l’association Parcours de femme. Ces changements fréquents concernant l’orientation sexuelle est du à plusieurs facteurs : « Le quotidien de ces dames peut être très différent en fonction du type d’établissement, soit en Maison d’Arrêt ou en Centre de Détention, du règlement intérieur de l’établissement mais également du soutien familial et de l’accès à l’emploi qui reste moindre pour les femmes en MA versus hommes en MA. ». Les femmes transsexuelles qui ont effectués toutes les modifications physiques mais qui n’ont pas pu changer leur état civil masculin, quant à elles, sont incarcérées chez les hommes mais à l’isolement afin d’éviter les violences physiques et surtout sexuelles.

 

Philippine Domenech