La galaxie geek est en émoi : l’empire Disney a annoncé le 3 avril la fermeture définitive de LucasArts.

lucasarts

L’annonce, le 30 octobre 2012, du rachat de Lucasfilm par la Walt Disney Company, pour le montant faramineux de 4 milliards de dollars, avait engendré de grandes peurs parmi les fans de Star Wars ( sans oublier, bien évidemment, ceux d’Indiana Jones ).
Beaucoup ont tremblé d’effroi à la perspective d’une nouvelle trilogie aussi désastreuse que la “prélogie” qui, bien qu’elle nous ait enfin révélé les origines d’Anakin Skywalker, nous aura infligé Jar Jar Binks et Hayden Christensen ( qui à eux deux firent plus de dégâts à l’univers Star Wars que n’importe quelle Etoile Noire ). Seule l’annonce du recrutement de J.J. Abrams en tant que réalisateur des trois nouveaux films Star Wars a réussi à calmer les appréhensions des fans.

Peu néanmoins se doutaient que Mickey oserait se séparer brutalement de LucasArts, l’un des joyaux de la Lucasfilm Ltd. Mardi 3 avril, Disney a ainsi annoncé le licenciement des 150 employés du mythique studio indépendant de création de jeux-vidéos, qui s’était illustré dans des genres aussi divers que le « point and click », les jeux de pilotage, les jeux de stratégie et les FPS.

Grim Fandango ( 1998 )

Grim Fandango ( 1998 )

Fondé en 1982 par George Lucas, LucaArts s’était imposé dès sa création comme l’un des studios les plus innovants en matière de jeux-vidéos grâce à des titres tels que Monkey Island, Sam&Max, Full Throttle ou encore Grim Fandango, qui sont tous devenus des jeux cultes chez les amateurs de jeux PC.
L’entreprise connaît un tournant décisif au début des années 1990 lorsqu’elle se met à faire des jeux tirés de l’univers Star Wars : c’est l’époque des Rebel Assault, de la série des X-Wing, Dark Force ( qui engendra en 1997 la série des Jedi Knight ) … Ainsi, c’est grâce à LucasArts que Star Wars et Indiana Jones devinrent les deux franchises cinématographiques les plus, et les mieux, adaptées en jeux-vidéos.

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Hélas, le studio a fini par dépendre de plus en plus de ces deux franchises, ce qui eut pour conséquence de nuire à la qualité et la diversité de ces créations : les grands succès des années 2000 que furent les jeux Lego, la série des Battlefront, de celle des Force Unleashed , ou encore de celle des Knights of the Old Republic n’ont fait que masquer la baisse continue de la créativité du studio. Le désastreux Kinect Star Wars illustre à lui seul l’incapacité qu’a eu LucasArts à suivre les dernières nouveautés en matière de technologie vidéo-ludique. A ce problème de créativité s’est ajouté des pratiques managériales des plus hasardeuses, combinant des réductions d’effectif et interruption abrupte de projets en cours ( Star Wars Battlefront III était fini à 99% ! ). Les trois PDG qui se sont succédé en quatre ans à la tête de LucasArts n’ont pas réussi à enrayer l’érosion des ventes : les recettes de LucasArts sont passées de 173 millions de dollars en 2006 à 55 millions en 2012.

Star Wars 1313, jeu qui ne verra finalement pas le jour

Star Wars 1313, jeu qui ne verra finalement pas le jour

De ce point de vue, la décision de Disney n’est pas si absurde que cela, d’autant plus que les jeux-vidéos n’ont jamais été le fort de Disney. Mais était-ce la peine pour autant d’annuler le développement d’un jeu aussi prometteur que Star Wars 1313 ?
Quoiqu’il en soit, la fermeture de LucasArts illustre bien la volonté de Disney d’utiliser Lucasfilm non pas comme une branche de production, mais bien comme une réserve de licences lucratives : «Après avoir évalué notre position sur le marché du jeu vidéo, nous avons décidé de faire passer LucasArts d’un modèle de développement interne à celui de la vente de licence, minimisant ainsi les risques pour l’entreprise tout en élargissant le portfolio de jeux Star Wars de qualité», ont déclaré les représentants de Disney.
Espérons que Disney n’infligera pas le même traitement à d’autres joyaux du groupe Lucasfilm comme Industrial Light & Magic et THX.

Arnaud Salvat