Revenant sur une promesse de campagne, François Hollande recevait ce 14 juillet les journalistes Claire Chazal et Laurent Delahousse pour un entretien dans les jardins de l’Élysée.

François Hollande face à Claire Chazal et Laurent Delahousse (Capture d'écran)

François Hollande face à Claire Chazal et Laurent Delahousse (Capture d’écran)

Autant le dire tout de suite, François Hollande n’avait clairement pas décidé d’accorder cette interview dans les jardins de l’Élysée pour mettre en avant une quelconque déclaration fracassante. Le fil conducteur de son intervention a avant tout été une volonté de faire réapparaître dans le pays un sentiment d’optimisme. Le président se veut rassurant, tourné vers l’avenir. Il a souvent évoqué la “fierté”, mis en avant la France comme étant “un pays d’excellence”, indiquant que pour retrouver la croissance, il fallait de la confiance.

La situation économique du pays était au cœur de l’entretien. Le président de la République s’est montré résolument optimiste, annonçant que “la reprise est là”. Il a réaffirmé son “engagement” d’inverser la courbe du chômage évoquant les différentes mesures mises en place (emplois aidés, emplois d’avenir…) mais insistant sur le fait que la création d’emplois viendra des entreprises. François Hollande a aussi souligné l’importance du sérieux budgétaire et de la réduction des déficits, justifiant le limogeage de Delphine Batho par le besoin d’une majorité soudée sur la question du budget.

Concernant la possibilité d’une hausse des impôts en 2014, le président de la République est resté résolument vague, se contentant d’affirmer que de telles augmentations n’auraient lieu que si elles s’avéraient vraiment nécessaires. Quant aux retraites, François Hollande a insisté sur la nécessité d’un dialogue mais a rappelé qu’un rallongement de la durée de vie justifiait un rallongement de la durée de cotisation. Les réformes dans ce domaine se feront donc progressivement mais “tout le monde fera un effort.”

Parmi les autres sujets évoqués, le drame de Brétigny-sur-Orge, la “victoire sur le terrorisme” au Mali et le sort des otages au Mali ou en Syrie, le président se montrant assez pessimiste quant au sort d’un des otages, Philippe Verdon. Interrogé sur le retour de Nicolas Sarkozy ou l’affaire Tapie, François Hollande n’a pas voulu faire de commentaire, se limitant à défendre l’indépendance de la justice et à critiquer toute mise en cause du Conseil Constitutionnel. Il a aussi rappelé que sous sa présidence, il n’y aurait pas d’exploration du gaz de schiste en France. Quant à la montée du Front national dans le pays, il la juge d’une “extrême gravité.” Suite à une question sur ses déclarations récentes en Tunisie, il a par ailleurs insisté sur le fait qu’ “aucune religion n’est contradictoire avec la démocratie”.

L’entretien s’est terminé sur une interrogation des journalistes concernant le lieu de l’interview. François Hollande a avoué s’être “ravisé”. Pour lui, le 31 décembre et le 14 juillet sont des dates importantes où le président doit s’adresser aux Français.

S’adresser aux Français et leur redonner espoir pour relancer le pays et regarder vers l’avenir, tel semblait être le but affiché par le président durant ces 35 minutes d’interview sans grande surprise. Reste à savoir si l’opération est réussie.

David Bolton