Le dimanche 7 mai, lors d’un second tour historique dont les deux partis historiques étaient écartés, Emmanuel Macron a été élu président de la République, devançant Marine Le Pen.

Les électeurs de Macron se réjouissent de la défaite du Front National Crédits : ParlonsInfo

Les électeurs de Macron se réjouissent de la défaite du Front National
Crédits : ParlonsInfo

Contrairement à la soirée du premier tour, Emmanuel Macron a réussi à éviter les faux-pas lors des célébrations de sa victoire électorale. L’opération de com’ était même particulièrement réussie. A peine une heure après la révélation des premières estimations, il s’est exprimé depuis son QG, dans un ton sobre, grave, à destination des Français. Un discours de rassemblement, reconnaissant les fractures présentes au sein de la société française, et devenue si criantes durant cette campagne électorale.

La célébration de son élection, organisée au Carrousel du Louvre, était aussi une réussite en termes d’image. Le lieu est historique, l’estrade est devant la pyramide du Louvre, monument parmi les plus emblématiques de la capitale. L’arrivée du candidat est solennelle, il marche seul, au son de l’Hymne à la Joie, l’hymne de l’Union européenne. Son deuxième discours est certainement moins sobre, moins grave que le précédent, mais contient une phrase lourde de sens : “la tâche qui nous attend est immense”.

Car cette élection n’est que le début. Le président a été élu mais il lui faut maintenant obtenir une majorité pour gouverner. Son score de 66% est certes encourageant, mais ce n’est pas – et, certainement, de loin – un vote majoritairement d’adhésion. Il s’agit maintenant pour le mouvement En Marche ! d’obtenir une majorité lors des élections législatives, où 577 candidats – dont une moitié issue de la société civile – se présenteront sous l’étiquette La République en marche!

Dans un paysage politique en pleine recomposition, ces élections législatives auront une importance particulière. Et dès ce soir du second tour, les différentes factions s’y projetaient. De la France insoumise aux Républicains, les principaux partis ou mouvements ayant réalisé des bons scores au premier tour de la présidentielle se positionnent déjà pour incarner la première force d’opposition à Emmanuel Macron, voire lui imposer une cohabitation.

Parmi ces partis, le Front National, allié désormais à Debout le France, cherchera à capitaliser sur l’accession de Marine Le Pen au second tour de la présidentielle. Mais la tâche ne sera pas aisée. Bien qu’elle ait pu danser ce soir, la candidate frontiste n’a pas su briser le fameux plafond de verre. Pire, son résultat est inférieur aux intentions de votes. Avec moins de 34% des suffrages exprimés, elle est bien loin des 40% minimum qu’espérait son camp.

Ce deuxième tour et sa prestation particulièrement mauvaise lors du débat face à Emmanuel Macron ont montré les limites de Marine Le Pen. Elle a beau promettre une transformation de son mouvement, elle aura certainement une obligation de résultats lors des législatives, faute de voir son leadership et la ligne définie sous l’influence de Florian Philippot remis en cause. D’autant que sa nièce, Marion Maréchal Le Pen, est très appréciée par la base et a déjà pu montrer certains désaccords avec la stratégie actuelle.

 

Somme toute, tous les partis devront s’atteler à la lourde tâche de redonner envie aux Français de s’intéresser à la politique. La campagne qui vient de se terminer a donné une image déplorable du personnel politique et a pu renforcer la colère de bon nombre de citoyens à l’égard des dirigeants et des élus. Le taux d’abstention et de votes blancs lors de ce second tour est particulièrement élevé, et l’absence de ferveur dans les rues et les cafés à l’annonce du résultat en dit long sur le désintérêt que suscitait cette échéance électorale pourtant primordiale.

Après des décennies sans changement notable dans la situation du pays, les Français commencent à perdre patience. Emmanuel Macron n’aura pas le droit à l’erreur.