Parlonsinfo vous propose, en ce dimanche soir, de revenir sur ce qui a marqué l’actualité de cette semaine de mai, en France et dans le monde.

Les États-Unis se retirent de l’accord nucléaire avec l’Iran

C’est fait, Donald Trump a finalement quitté l’accord nucléaire avec l’Iran, tenant ainsi une de ces promesses de campagne. Si la décision du président américain a été applaudie par l’Arabie Saoudite ou les Émirats arabes unis, la cheffe de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a annoncé sa volonté de conserver l’accord. Elle recevra mardi prochain les ministres des Affaires étrangères de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni ainsi que leur homologue iranien. Vladimir Poutine, le président russe, et Recep Tayyip Erdogan, président turc, ont tout deux confirmé leur détermination à rester dans cet accord et à coopérer avec les signataires. Les discussions pour convaincre l’Iran de ne pas quitter l’accord ont commencé dès le lendemain de l’annonce de Donald Trump.

L’accord avait été signé en 2015 à Vienne par l’Iran, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni) et l’Allemagne. L’Iran promettait de ne pas se doter de l’arme nucléaire tout en ayant le droit de développer une filière nucléaire civile. Le pays a ainsi réduit de moitié le nombre de ses centrifugeuses en activité. L’accord prévoyait en outre des contrôle de la part de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) qui avait indiqué en février que l’Iran respectait ses engagements. En échange, le pays avait obtenu la levée d’un certain nombre de sanctions internationales qui lui étaient imposé.

Donald Trump, qui considère que l’Iran n’a pas respecté ses promesses, a également annoncé le rétablissement des sanctions qui avaient été levées. “Aujourd’hui, nous avons la preuve définitive que la promesse iranienne était un mensonge” a-t-il déclaré pour justifier sa décision.

Donald Trump Crédit : Gage Skidmore (Wikipedia Commons, licence CC)

Escalade de la violence entre Israël et l’Iran en Syrie

C’est la première confrontation directe entre Israël et l’Iran sur le territoire syrien. Jeudi, l’État hébreu a répondu à des tirs de roquettes iraniens sur le plateau du Golan par des tirs de missiles vers Damas. 23 personnes ont été tuées selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Les deux pays ont assuré ne pas chercher une escalade de la violence. Celle-ci intervient dans un contexte international tendu : Donald Trump, en sortant son pays de l’accord nucléaire avec l’Iran, se range du côté israélien. Selon le président de la Commission des Affaires étrangères du Parlement iranien, Allaeddine Boroujerdi “le principal objectif de ces attaques, soutenues par les États-Unis, est de dévier l’attention de l’opinion publique du comportement du président américain, de sa décision de sortir de l’accord“. Le patron de l’ONU Antonio Guterres a lui demandé “un arrêt immédiat de tous les actes hostiles afin d’éviter une nouvelle conflagration“.

Le plateau Golan, emplacement stratégique contrôlé par Israël depuis la guerre des Six Jours de juin 1967, est une zone de tension entre les deux pays. L’armée de Bachar Al-Assad, soutenue par la Russie et l’Iran, s’en est rapprochée en 2015. Israël, officiellement en guerre contre la Syrie, craint en outre l’influence de l’Iran au Moyen Orient, en Irak, en Syrie et au Liban.

File:Plateau du golan syrien.JPG

Le plateau du Golan en Syrie Crédit : Nicoleon (Wikipedia Commons, licence CC)

Arménie : l’opposant Nikol Pachinian élu Premier Ministre

Depuis trois semaines, cette ex-république d’URSS était secouée par des mouvements de protestation contre le régime de Serge Sarkissian (2008-2018), mais en faveur de l’ opposant politique Nikol Pachinian. Le parti au pouvoir est accusé de ne pas avoir suffisamment lutté contre la pauvreté et la corruption. Le parti de Pachinian, « Contrat civil » est entré au Parlement en 2017, et est rapidement devenu l’opposant le plus efficace au gouvernement.

Mardi, le Parlement arménien a finalement élu l’ancien journaliste, seul candidat au poste de Premier ministre, par 59 voix contre 42. Nikol Pachinian n’avait pu obtenir la majorité des suffrages des députés le 1er mai alors qu’il était déjà seul prétendant au poste de Premier ministre. Il avait mobilisé plusieurs dizaines de milliers de manifestants depuis mi-avril pour réclamer un changement de gouvernement.

Nikol Pachinian a promis de publier un programme politique au plus tard vingt jours après son élection. « Je suis pro-arménien (…) Être un homme politique en Arménie pour moi cela signifie être pro-arménien », a-t-il martelé début mai. Nikol Pachinian a pris soin de ménager l’allié traditionnel qu’est la Russie et il a souligné que l’alliance avec Moscou resterait avec lui un axe essentiel de la politique arménienne.

Démission du procureur de New York chargé de l’affaire Weinstein

Lundi soir, le procureur général de New York, Eric Schneidermann, a démissionné après la parution d’un article de seize pages dans le magazine The New Yorker. L’enquête donne la voix à quatre femmes qui l’accusent de violences physiques. Le procureur avait pourtant engagé en février des poursuites contre le producteur de cinéma Harvey Weinstein, son frère Bob et leur entreprise en dénonçant un harcèlement sexuel « méprisable » à l’égard des employés.

Eric Schneidermann, très populaire dans les milieux démocrates et dans l’opposition judiciaire à Trump, avait été particulièrement impliqué dans le mouvement #metoo. Lorsqu’en mars dernier le New York Times et le New Yorker avaient été récompensés du prix Pullitzer pour leur couverture de l’affaire Weinstein et du mouvement #metoo, M. Schneiderman avait salué « les femmes et les hommes courageux qui sont sortis du silence à propos du harcèlement sexuel qu’ils avaient subi de la part d’hommes puissants. Sans ces femmes, nous ne connaîtrions pas l’examen de conscience national aujourd’hui en cours. »

Aujourd’hui, l’accusé nie les faits qui lui sont reprochés, mais aucune plainte n’a été déposée, d’après un porte-parole de la police de New York. Il a cependant précisé que, si la police était saisie par une victime présumée, elle examinerait « méthodiquement » le dossier.

Affaire Naomi Musenga : les opérateurs du SAMU dans la tourmente

L’affaire remonte à décembre dernier. Le 29 décembre, vers 11 heures, une jeune femme de 22 ans, Naomi Musenga, appelle le SAMU de Strasbourg. Elle se sent mal, décrit de fortes douleurs abdominales et a du mal à s’exprimer. L’opératrice avec qui elle entre en contact finit par lui dire d’appeler SOS Médecins. La jeune femme réussit à joindre ces derniers qui la renvoient… Le SAMU. À l’arrivée des secours, Naomi Musenga est consciente, mais son état se dégrade rapidement. Transférée à l’hôpital de Strasbourg, elle décède à 17h30.

L’opératrice du SAMU qui a reçu l’appel de la jeune femme ne l’a absolument pas prise au sérieux. La famille a, comme le permet la procédure judiciaire, eu accès à l’enregistrement de cet appel. Alors que Naomi peine à s’exprimer et demande de l’aide, la réponse de l’opératrice est sans appel « Bon, si vous ne me dites pas ce qu’il se passe, je raccroche ». Peu à peu, la jeune femme dit qu’elle a « très mal » et qu’elle n’est pas en état d’appeler SOS Médecins. Elle finit par articuler péniblement « Je vais mourir », ce à quoi on lui répond : « Oui, vous allez mourir, certainement, un jour, comme tout le monde. »

S’il est pour l’heure impossible de dire avec certitude si une prise en charge dès ce premier appel aurait permis de sauver la jeune femme, cela soulève les défaillances des procédures en place. Par ailleurs, ces mêmes procédures spécifient que lorsque l’opérateur a le moindre doute quant à la situation qui lui est décrite, il doit obligatoirement transférer l’appel au médecin régulateur du SAMU, qui donnera suite ou réorientera la personne. En l’espèce, ça n’a pas été fait, Naomi Musenga a été expédiée vers SOS Médecins.

La famille de la jeune femme appelle au calme, mais demande des explications sur cette prise en charge tardive. Elle a déposé plainte contre les hôpitaux universitaires de Strasbourg pour « non-assistance à personne en danger » et « mise en danger de la vie d’autrui ». L’avocat de la famille a précisé que cette dernière ne souhaitait pas que l’opératrice devienne « un bouc émissaire », alors qu’elle n’est qu’un « maillon de la chaîne ».

Des professionnels de santé se sont alarmés de la situation. Le président de Samu Urgences de France, François Braun, a notamment réclamé un personnel mieux formé, tandis que l’urgentiste Patrick Pelloux appelle à « réformer le SAMU », évoquant plus qu’un simple « dysfonctionnement ». Un avis partagé par la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, selon laquelle « l’ensemble du dossier montre qu’il y a eu de nombreux dysfonctionnements ». Elle a demandé une enquête de l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et recevra des médecins urgentistes cette semaine.

Européiste convaincu, Emmanuel Macron reçoit le prix Charlemagne à Aix-la-Chapelle

Emmanuel Macron et Angela Merkel se sont retrouvés jeudi 10 mai à Aix-la-Chapelle en Allemagne, où le président français a reçu le prestigieux prix Charlemagne, récompensant ses efforts au service de l’unité européenne.

Après Jean Monnet, Winston Churchill, Konrad Adenauer, François Mitterrand, Simone Veil ou Angela Merkel, c’est au tour d’Emmanuel Macron d’être récompensé, un an après son élection à la présidence de la République française. Et c’est dans l’ancienne capitale de l’empire carolingien, Aix-la-Chapelle, que le jeune Président, couramment surnommé « Jupiter » a été distingué pour « l’élan donné à l’Europe à la suite de la campagne électorale il y a un an en France » mais également pour son engagement pour préserver l’accord de Paris sur le climat à travers son initiative « Make our planet great again ».

 

Dès son arrivée dans la capitale de l’Empereur Charlemagne, mercredi 9 mai au soir, Emmanuel Macron a donné le ton au débat. Vingt-quatre heures après la déclaration de son homologue américain Donald Trump annonçant le retrait des Etats-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien, le Président français est resté fidèle à ses convictions européistes : l’Europe est désormais « en charge de garantir cet ordre multilatéral que nous avons créé à la fin de la Deuxième Guerre mondiale et qui est parfois aujourd’hui bousculé », a-t-il déclaré à la télévision publique allemande.

Un geste commercial pour les usagers de la SNCF

Guillaume Pépy - Licence CC, Claude Truong-Ngoc (Wikimédia Commons)

Guillaume Pépy – Licence CC, Claude Truong-Ngoc (Wikimédia Commons)

Le président de la SNCF, Guillaume Pépy, a annoncé cette semaine la mise en vente de 3 millions de billets TGV à moins de 40 euros dès la semaine prochaine. Outre ces offres destinées à reconquérir les voyageurs à l’approche de l’été, les cartes de réduction (Jeune, Senior, Week-end…) de la compagnie seront vendues au prix unique de 29 euros du 23 mai au 15 juin, contre 50 à 75 euros habituellement, tandis que l’abonnement TER coûtera moitié prix aux usagers en juin.
Toutes ces gestes commerciaux ont pour but de faire revenir les usagers dans le giron du ferroviaire, délaissé en raison de la grève, au profit des bus et du covoiturage depuis le début des perturbations. Le coût global de la grève est estimé selon Guillaume Pépy à 300 millions d’euros.

Attaque au couteau à Paris : l’assaillant fiché S

Samedi 12 mai, peu avant 21 heures, un homme a attaqué des passants au hasard à l’aide d’un couteau à Paris, dans le 2e arrondissement, dans le quartier de l’Opéra. Le bilan est d’un mort et de quatre blessés. L’assaillant a été abattu. Malgré un léger mouvement de panique, les forces de l’ordre sont rapidement intervenues : 5 minutes après l’appel aux forces de l’ordre, une brigade était sur place, ce qu’a salué le Premier ministre, Édouard Philippe.

L’attaque a été revendiquée par l’État Islamique et la section antiterroriste du parquet de Paris a été saisie. L’auteur des faits s’appelait Khamzat Azimov et avait 20 ans. Naturalisé français en 2010, ce jeune homme d’origine tchétchène était fiché S car il connaissait le mari d’une femme partie en Syrie. Il avait été entendu par les services antiterroristes à ce sujet. Sans antécédent judiciaire, l’assaillant a grandi à Strasbourg et avait emménagé à Paris il y a peu de temps avec ses parents. Ces derniers ont été interpellés dans l’hôtel où ils résidaient. Un ami de Khamzat Azimov, lui aussi né en 1997, a été interpellé dans l’après-midi à Strasbourg.

 

Lara Baranowski, Marianne Chenou, Caroline Robin & Marie Sénéchal